Profiter d’un congé pour créer son entreprise

Démissionner pour « monter sa boîte » ? Surtout pas ! Le congé pour création d’entreprise permet à un salarié de réintégrer son poste si le projet n’aboutit pas.

Salarié, une envie d’entreprendre vous titille ? Vous n’êtes pas le seul atteint de ce virus. En 2007, 321 000 créations d’entreprises ont été enregistrées en France. En outre, à en croire divers sondages, plus de dix millions de Français caresseraient le désir de devenir leur propre patron, dont 2.5 millions qui déclarent avoir un projet précis en tête. Mais, de l’intention aux actes il y a comme un fossé. La difficulté de concilier vie de salarié et processus de création, et surtout la peur de l’échec, refrènent bien des ardeurs.

Qu’est-ce que le congé pour la création d’entreprise ?

Pour tester ses capacités d’entrepreneur en limitant les risques, il existe une solution sous-utilisée, car fonctionnant encore dans un relatif anonymat : le congé pour création d’entreprise.
« Ce dispositif permet de consacrer le temps qu’il faut au montage et au lancement de son projet et de retrouver son poste au sein de son ancienne entreprise, si la nouvelle activité n’est pas viable », explique-t-on à l’APCE (Agence Pour la Création d’Entreprises).

Quand certains disposent d’un parachute doré, le congé pour création d’entreprise constitue donc une sorte de parachute psychologique. Sauf que dans ce cas-là, le congé est sans rémunération. C’est aussi pourquoi il fait peu d’émules. D’ailleurs, pour en améliorer l’attractivité, la loi pour l’initiative économique a introduit, en 2003, le passage à temps partiel pour création d’entreprise. Idéal pour celui qui souhaite conserver une partie de son salaire, tout en ayant du temps libre pour aller au bout de son idée.

Toutefois, mieux vaut rester réaliste. Il y a souvent loin de la théorie au terrain. Le salarié rendosse en effet rarement ses anciennes fonctions. Quand on s’absente plusieurs mois, voire un an, l’employeur est généralement contraint de pourvoir le poste vacant, ou de restructurer le service.

En outre, la demande de congé n’est pas toujours bien accueillie par la DRH. « Il est préférable de prendre les devants en faisant part de son intention et de ne pas mettre son employeur devant le fait accompli, préconise Nathalie Gomes, conseillère en Chambre de Commerce et d’Industrie. Cela permet aussi à ce dernier d’anticiper le départ et de s’organiser en conséquence. »

Autre conseil : l’aspirant créateur doit maintenir le contact avec son entreprise durant le congé et se tenir au courant des changements survenus. Le cas échéant, cela favorise une reprise du travail dans de bonnes conditions.

Le congé pour création d’entreprise forme un filet de sécurité avant de tenter le grand saut en solo.

Certes, alors que les marchés financiers dévissent, que le chômage explose, que les porte-monnaie sont vides et la consommation molle, se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise peut sembler très risqué, pour ne pas dire inconscient. Dans une telle déferlante d’éléments contraires, difficile de surnager. Mais, c’est dans la tourmente que l’esprit d’initiative et l’audace apparaissent particulièrement bienvenus. Si elle nous invite à revoir tous nos modèles, il y a une vie après la crise. D’ailleurs, en japonais, le mot crise a un double sens : « danger » et « opportunité ».

A méditer…

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