Changer de métier, changer de vie

De recherches d’emploi infructueuses en situations de mal-être au travail, le blues n’est pas l’apanage du businessman. Faut-il partir ou rester ? Et pourquoi pas se reconvertir ?

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Les projets de reconversion n’arrivent pas subitement. Selon les enquêtes des sociologues, ils se réalisent après un long temps de réflexion et de maturation qui va de un à six ans. Et pour cause, les personnes qui changent de voie indiquent une transformation de soi progressive, un retour au projet rêvé, une quête de soi, avec pour seules questions : qui veux-je être ? Quelle vie ai-je envie de mener ?

Faire le point

Pour le savoir, l’idéal est de recourir à un conseil en évolution professionnelle (CEP). Une prestation gratuite et ouverte à tous : salariés, fonctionnaires, demandeurs d’emploi, dirigeants non-salariés, etc. Elle invite à s’arrêter sur sa carrière avec un professionnel des ressources humaines, à réfléchir sur son évolution, à esquisser un projet (trouver un emploi plus valorisant, changer d’activité, monter son entreprise, etc.). Les personnes qui savent ce qu’elles veulent faire seront guidées vers les actions à entreprendre. Celles qui tâtonnent continueront leur recherche.

Interlocuteur et financement

Se reconvertir suppose du temps et, bien souvent, de l’argent ainsi qu’une formation. Pour connaître leurs droits, les salariés doivent s’adresser au service du personnel, les demandeurs d’emploi à Pôle emploi, et les dirigeants non-salariés au fonds de formation dont dépend leur entreprise (l’organisme figure sur l’attestation de versement de l’Urssaf : FIF PL pour les professions libérales, l’AGEFICE pour les gérants d’entreprises, etc.).

Tout salarié, fonctionnaire ou demandeur d’emploi peut financer sa reconversion en utilisant les heures de formation dont il dispose sur son compte personnel de formation (CPF). Le dispositif s’est ouvert aux travailleurs indépendants, aux professions libérales et à leurs conjoints collaborateurs, le 1er janvier 2018. Pour les autres, ces heures sont monétisables et permettent de compléter le règlement d’une formation partiellement prise en charge ou de payer des formations courtes.

Prendre un congé

Le congé individuel de formation (CIF) permet de s’absenter pendant un an. L’organisme collecteur de fonds pour la formation assume tout ou partie du coût de la formation ainsi que 80 à 100 % du salaire.

Chaque salarié a également la faculté de prendre un congé ou de passer à temps partiel pour créer ou reprendre une entreprise. Le congé est d’un an, renouvelable une fois. Ces absences ne sont pas rémunérées. Toutefois, l’intéressé peut demander un report des congés payés annuels ou une indemnité compensatrice correspondant aux congés payés dont il n’a pas bénéficié. Par ailleurs, selon l’accord collectif en vigueur dans l’organisation, le salarié a parfois le droit d’utiliser son compte épargne temps (CET) pour financer les heures non travaillées.

Tout salarié a aussi la possibilité de solliciter un congé sabbatique, de six à onze mois. Ici encore, l’intéressé pourra recourir à son CET.

Commencer par un bilan de compétences

Quand faut-il consulter un coach ?

Si vous en avez « ras le bol » de ce boulot, que vous devenez « invivable » à la maison, que vous en avez mal au ventre, au dos ou aux cervicales, et que vous vous sentez dans une impasse, alors, oui, c’est peut-être le moment de se faire aider et de se demander si vous êtes bien à la bonne place.

Est-ce difficile de sauter le pas ?

Cela dépend de votre philosophie de vie. Combien de fois les coachs ont entendu « je me laisse une dernière chance » avant d’oser partir un, deux ou cinq ans plus tard… La peur paralyse. Elle ne sert à rien. En confrontant nos angoisses à la réalité, nous nous apercevons qu’elles sont rarement fondées. Quelqu’un qui craint de manquer d’argent va, par exemple, se rendre compte qu’il percevra des indemnités de chômage pendant plusieurs mois suite à une rupture conventionnelle, et qu’elles lui permettront de vivre normalement.

Que faire pour sortir de l’immobilisme ?

Commencer par un bilan de compétences peut être un point de départ, servir de mise en mouvement. C’est une photo du passé et du présent, un outil qui participe de la connaissance de soi. Il retrace le parcours de vie et fait apparaître tous les savoirs acquis.

Et quand le projet se précise

Il est important de le confronter à la réalité et de rencontrer des professionnels décrivant une journée dans leur métier. De même, les coachs de « capitaliser » sur leur expérience professionnelle : les compétences acquises, les relations créées, etc. Et puis, il y a son projet à construire. On peut comparer la reconversion à une ligne de métro où chaque station représente une étape, ce qui a été accompli, et ce qu’il reste encore à faire pour y arriver.

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