Copropriété & Installation d’un ascenseur : éviter les problèmes

Outre des frais importants, l’installation d’un ascenseur dans une copropriété nécessite Le respect de nombreuses étapes juridiques.

Attendue par les habitants des étages élevés qui comptent ainsi apporter une plus-value importante à leur bien, redoutée par les autres qui en ont peu ou pas l’utilité, l’installation d’un ascenseur fait bien souvent l’objet de débats houleux dans les copropriétés. Et pour cause, de tels travaux impliquent des frais particulièrement importants. Toutefois, la loi prévoit de nombreux dispositifs permettant de satisfaire le besoin des uns sans léser financièrement les autres.

L’accord des copropriétaires

L’installation d’un ascenseur fait partie des travaux dits d’amélioration — par opposition aux travaux d’entretien indispensables à la sauvegarde de l’immeuble — car elle constitue un élément de confort nouveau.

Entrent également dans cette catégorie l’électrification d’une grille d’entrée et la pose de fenêtres en double vitrage, par exemple. La résolution et la mise en œuvre de ce type de travaux sont soumises à la loi de 1965, article 26.

Le vote des copropriétaires

L’article 26 de la loi de 1965 exige la majorité des membres du syndicat représentant au moins les deux tiers des voix de l’ensemble des copropriétaires. Or sur un sujet aussi délicat, obtenir cette majorité peut rapidement se transformer en mission impossible. En effet, il suffit de l’absentéisme important des copropriétaires lors de l’assemblée générale pour que cette majorité soit impossible à réunir. Afin d’éviter tout blocage, la loi prévoit la tenue d’un nouveau vote lorsque le projet a été accepté par la majorité des deux tiers présents. Le projet peut donc être autorisé par le biais de ce second vote organisé après convocation d’une nouvelle assemblée générale, qui n’exige plus que la majorité des membres du syndicat représentant au moins deux tiers des voix des copropriétaires présents ou représentés.

La répartition des frais : coût et entretien

Une fois le principe des travaux accepté, les copropriétaires doivent à nouveau se prononcer sur la répartition des charges d’entretien et de fonctionnement, établie sur le fondement du critère d’utilité de chacun des copropriétaires. De la même façon, ils doivent donner leur accord sur la répartition du coût des travaux d’installation. Dans les deux cas, c’est également la majorité des membres du syndicat représentant au moins les deux tiers des voix des copropriétaires qui sont exigés et un second vote assoupli peut être organisé dans les mêmes conditions que pour le vote de l’installation.

Une solution intermédiaire

Lorsque l’installation de l’ascenseur est acceptée mais que la répartition du coût et des charges engendre des difficultés, certaines copropriétés décident d’installer un ascenseur qui ne fonctionne qu’avec une clé détenue par les copropriétaires qui ont accepté et payé le projet. Un choix certes efficace, mais qui offre une image peu engageante de l’entente régnant dans la copropriété et qui pourrait donc heurter certains acquéreurs éventuels en cas de revente.

Les règles de calcul

L’application du critère d’utilité Entre le propriétaire du rez-de-chaussée, celui du deuxième et celui du sixième étage, l’utilité de l’ascenseur varie du tout au tout.

Par conséquent, la loi prévoit une répartition des frais d’installation et des charges d’entretien différentes. Ainsi, le propriétaire du rez-de-chaussée se trouve exonéré tant des frais d’installation que de fonctionnement, sauf si l’immeuble dispose d’un garage ou d’un sous-sol desservi par l’ascenseur, ce qui reste rare dans les immeubles anciens. Cependant, si rien n’est précisé dans le règlement de copropriété, la prime d’assurance qui porte sur l’ascenseur est répartie dans les charges générales et est donc également imputée à l’occupant du rez-de-chaussée.

L’application du coefficient

S’il paraît évident que la participation au coût d’installation et aux charges d’entretien varie selon le niveau habité, le mode de calcul de répartition des frais s’avère bien plus complexe. Ainsi, pour l’installation, un coefficient de + 0,50 par étage s’applique, soit un coefficient de 0,50 pour le 1er étage, 1 pour le 2e étage, 1,50 pour le 3ème

En clair, dans un immeuble de cinq étages, le coefficient total est de 7,50.

Par conséquent, le propriétaire de l’étage devra prendre en charge (0,50 x 7,50)/100 soit 6,67 % du coût total de l’installation. De son côté, le propriétaire du cinquième étage devra assumer 33,33 % des frais.

Le cas spécifique de l’entretien

Les choses se compliquent pour les frais de fonctionnement puisque deux modes de calcul sont admis par la jurisprudence. Dans les deux cas, la surface des lots desservis ainsi que leur niveau sont pris en compte.

Toutefois, l’une des hypothèses accorde une part plus importante au coût de l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’ascenseur. Par exemple, dans un cas, le propriétaire de l’appartement du premier étage devra s’acquitter de 72 euros par an de frais de fonctionnement et dans l’autre cas de 100 euros. À noter que lorsque la copropriété compte un local à usage professionnel, un coefficient plus élevé lui est appliqué afin de compenser l’utilisation plus importante de l’ascenseur en raison des allers et venues de la clientèle.

Bénéficier d’un crédit d’impôt

Seule l’acquisition d’un ascenseur électrique à traction, possédant un contrôle avec variation de fréquence, dans un immeuble collectif achevé depuis plus de deux ans ouvre droit à un crédit d’impôt.

Dans ce cas, chaque copropriétaire peut bénéficier d’un crédit équivalent à 15% des dépenses qu’il a supportées et portant uniquement sur le coût de l’équipement, le coût de la main-d’œuvre étant exclu de l’avantage fiscal. Cette disposition s’applique à toutes les dépenses payées dans leur totalité à l’entrepreneur entre le 1janvier 2005 et le 31 décembre 2009. Le versement d’un acompte est donc insuffisant pour bénéficier du crédit d’impôt.

Les facilités de paiement

Lorsque l’installation d’un ascenseur est votée, certains copropriétaires qui s’y opposaient peuvent rencontrer des difficultés à s’acquitter de leur part, la loi prévoit donc deux possibilités pour faciliter le paiement : d’une part le paiement en dix annuités égales, qui implique que les autres copropriétaires avancent les fonds ou que la copropriété souscrive un emprunt ; d’autre part, certains copropriétaires peuvent s’engager à payer une part plus élevée des travaux que celle qui leur est normalement imputée.

Ce dernier point peut constituer un argument de taille pour convaincre les copropriétaires opposés au projet.

3 comments

Bonjour,une demande pour installer un ascenseur ds une copropriété a été faite par seulement quelques copropriétaires, doit on voter a l article 25n ou25b a AG,merci de me lire

Michel, Christian GRENOUILLOUX

Bonjour
Comment seront répartis les frais d’installation dans un immeuble de R+3?
Merci de votre réponse

Nous possédons un appartement dans un immeuble avec ascenseur. Suite à plusieurs problèmes la majorité des copropriétaires ont décidés de suspendre le fonctionnement de l’ascenseur pour une durée indéterminée suite aux devis de réparation . Un propriétaire du 2 eme etage qui à loue’ l’appartement a ses parents souffrant de maladies diverses nous impose d’effectuer les travaux sous peine de poursuites judiciaires. Sommes nous obligés de part une loi . Merci

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