Comment bien préserver sa santé ?

La santé, comme tous les autres secteurs de nos vies, se libéralise. Mais si l’on peut facilement se passer d’une voiture jugée trop chère ou du dernier écran plasma géant, il est plus compliqué de faire sans une bonne couverture santé. On peut répéter à l’envie que la santé ne devrait pas être un enjeu financier, elle l’est. Et c’est actuellement notre réalité. Dans ces conditions, comment avoir recours aux meilleurs soins sans pour autant vider son portefeuille à chaque fois que nous avons besoin de nous soigner ?

La santé des français est en berne. C’est un fait. Il n’y a qu’à consulter le denier rapport ce la Croix-Rouge sur la question pour s’en convaincre. Les jeunes sautent des repas par manque d’argent. D’autres se refusent même à consulter le médecin quand ils sont malades, pour les mêmes raisons. Et la qualité de la nourriture que nous ingérons baisse inexorablement au profit d’une quantité qui sert avant tout à la spéculation boursière et au chiffre d’affaire.

Déremboursement et augmentation des cotisations…

A mesure que la Sécurité Sociale dérembourse les prestations médicales, de nouveaux contrats d’assurance se font jour. La corrélation est d’ailleurs assez intéressante à observer. Et la chose a connu une accélération brutale ces dernières années. Notamment avec l’apparition de l’obligation pour les entreprises de fournir à leurs salariés une complémentaire santé. Car, si à première vue l’idée semble bonne, il s’agit d’une fausse bonne idée.

En effet, l’idée d’une couverture sociale pour tous a vécu. Et, si les entreprises ont dorénavant dans l’obligation de fournir une mutuelle à leurs salariés, beaucoup se contentent de quelques garanties obligatoires de base, insuffisantes pour faire face aux frais de santé qui ne cessent de croître. Car l’obligation n’est pas seulement faite à l’entreprise de proposer un contrat de complémentaire santé, mais également au salarié d’y souscrire, quelles que soient les conditions dudit contrat, et même si ce dernier avait déjà une couverture santé.

Imaginez. Vous avez déjà une complémentaire santé. Vous l’avez choisie, et celle-ci couvre parfaitement vos besoins. Et puis, vous changez d’emploi, d’entreprise. Vous devez donc résilier votre complémentaire pour adhérer à celle de votre nouvel employeur. Mais cette dernière est incomplète. Et il vous est impossible de souscrire des garanties complémentaires à ce que vous soumet votre employeur. Deux choix s’offrent à vous ; vous refusez l’embauche pour conserver votre excellente couverture santé, ou vous acceptez de signer à des conditions qui ne vous conviennent pas, du moins sur le point spécifique de la mutuelle.

La fausse bonne idée de la complémentaire santé obligatoire en entreprise.

Dans le contexte actuel, ou la pression financière se fait de plus en plus lourde, il paraît presque indécent de refuser en contrat de travail. La pression sociale se faisant de plus en plus forte, il apparaît logique que vous cédiez aux paroles de votre entourage. Et tant pis pour votre ex-mutuelle. Mais pour obtenir une meilleure couverture que celle que vous propose votre nouvel employeur, il vous faudra souscrire à une ou plusieurs garanties complémentaires. Et depuis janvier 2016, ces garanties fleurissent chez tous les opérateurs du marché de l’assurance, de l’agent d’assurance lambda jusqu’aux banques en ligne.

Capital décès et/ou PTIA, épargne santé, contrats décès tous accidents, prévoyances ou contrats d’assistance, garanties hospitalisation… Ce sont autant de garanties en vente à l’unité pour la plupart d’ordinaire comprises dans les complémentaires santé. Et si nombre de ces garanties existaient déjà avant cette dernière étape en date de la libéralisation du marché de la santé, leur volume a littéralement explosé. Normal, dans un monde où l’argent compte bien plus que la santé, où le financier prévaut sur l’humain, où la sacro-sainte croissance est prioritaire sur la simple survie des êtres vivants.

Et si l’on souhaite encore poursuivre sur cette question de la complémentaire santé, l’on se rend compte que les arbitrages sont (presque) tous mauvais. Entre la cotisation annuelle à une complémentaire santé, et le reste à charge, il vaut mieux ne pas adhérer et payer ses lunettes seul. D’autant que pour obtenir le droit à un remboursement (forcément partiel) sur ses lunettes de la part de son assureur ou de sa mutuelle, il faudra forcément cotiser deux ans en moyenne, puisque ces remboursements s’entendent une année sur deux. A moins que vous ayez besoin d’une hospitalisation, la complémentaire santé s’avère donc plus couteuse que les lunettes…

L’arbitrage, l’arbitrage, l’arbitrage…

C’est à se demander s’il n’est pas préférable d’opter exclusivement pour une garantie hospitalière et de choisir de payer le reste de ses prestations médicales plein pot, remboursement sécurité sociale déduite. En fait, à force de vouloir capter le marché coûte que coûte, à grands renforts de libéralisation et de lobbying au moment de l’écriture des lois, et au détriment de l’assurance maladie sociale, les assureurs se plombent eux-mêmes. Le lobbying coûte cher et doit se retrouver dans les cotisations. La concurrence est rude mais les concentrations à venir contribueront à éliminer une partie de cette concurrence et donc à augmenter les marges.

Avec des prix trop élevés à la cotisation, l’arbitrage devient forcément négatif. A moins que les prestations médicales ne connaissent elles-mêmes une grosse augmentation de coût. Ce qui semble être le chemin pris. Autrement dit, il va devenir de plus en plus difficile d’assurer sa santé, alors même que les menaces se font de plus en plus pressantes et récurrentes ; mutation des virus, résistance des bactéries aux antibiotiques, risques nucléaires, cancers et autres de plus en plus fréquents, risques de pandémies… Comment faire pour se protéger ?

Mais la question ne doit pas se résumer à une simple question financière. Se protéger des maladies, c’est avant tout commencer par choisir son alimentation. Privilégier le frais, choisir le sans pesticide. Éviter les risques alimentaires, c’est se prémunir contre de nombreuses atteintes à notre santé. Éviter le stresse aussi. Ce qui signifie revoir complètement notre mode de vie occidental.

Et il semble que la population ne se sente pas encore complètement prête. De fait, si nous voulons préserver notre santé, il va nous falloir reprendre contact avec notre environnement et nous montrer créatifs et altruistes.

Changer les choses. Oui. Mais comment ?

En attendant que les choses se mettent en place, car elles se mettront en place tôt ou tard, nous allons devoir jongler avec les différentes propositions des assureurs et des mutualistes. Trouver des possibilités d’épargne exclusives à notre santé, trouver le meilleur compromis possible entre l’épargne, justement, et la dépense de santé. Consulter les informations disponibles, lire, se renseigner et nous regrouper pour prendre soin de nous-mêmes. Ne pas hésiter à consulter d’autres praticiens, dits de médecine douce ou alternative par exemple. Car l’enjeu, c’est notre santé, psychologique, mentale, physique, bien plus que notre santé financière.

Il est paradoxal que nous luttions toute notre vie pour accumuler de l’argent au détriment de notre santé, individuelle et collective, pour dépenser cet argent dans le but de recouvrer la santé plus tard. Certes, nous l’avons vu, le système capitaliste occidental ne nous aide pas vraiment. D’autant que pour des personnes déjà malades, la souscription à des complémentaires santé n’est pas toujours simple, les assureurs préférant toujours l’argent facile à une réelle attention envers les assurés. En somme, les assureurs militants ne sont pas légion.

Reprendre en mains notre santé

Prendre notre santé en mains, individuellement et collectivement, est donc la prochaine étape du combat qu’il convient de poursuivre. Parce que les choses ne sont jamais définitivement acquises. Il n’y a qu’à voir dans quel état se trouve aujourd’hui la sécurité sociale. Et pourtant, la victoire était belle en 1946, quand le ministère d’Ambroise Croizat avait permis l’instauration d’un système permettant à tous les français, sans considération de catégorie socioprofessionnelle, d’améliorer sa santé.

Mais de la même façon que notre réussite individuelle ne peut passer que par le collectif, d’une façon ou d’une autre, notre modèle de santé doit rester collectif pour assurer une bonne santé à chaque individu, indépendamment de sa culture ou de sa classe sociale. Voilà un point que nous ne devrions jamais accepter de négocier. Si notre civilisation était réellement moderne, elle ne permettrait pas qu’une personne représentant plus de valeur marchande soit mieux soignée qu’une autre.

Seuls les mondes décadents et oligarchiques fonctionnent comme ça Et c’est bien dans ce monde là que nous vivons. A nous de nous retrousser les manches pour garantir une évolution positive de notre civilisation, avant qu’elle ne s’effondre définitivement sous le poids de l’argent.

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