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Asie centrale

des partenaires à fort potentiel

Ouzbekistan, 2009Crédit photo : Adetef, Christian LevertLes ministères économique et financier ont développé des relations d’échanges économiques et de coopération institutionnelle avec les Etats d’Asie centrale depuis une dizaine d’années, suivant en cela l’intensification des contacts au niveau présidentiel, notamment avec le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan. Alors que l’Asie centrale devient un partenaire commercial plus important, que l’Europe a développé un partenariat oriental comportant des fonds de soutien, cette région présente désormais un potentiel stratégique pour la coopération française. 

Les relations Union européenne / Asie centrale

Notamment du fait de son élargissement géographique, l’UE s’est rapprochée de l’Asie centrale et entend renforcer sa coopération avec la région. La stratégie  pour l’Asie centrale (2007-2013) a pour objectif de promouvoir la stabilité et la sécurité de ces pays et un développement économique durable, ainsi que de faciliter une coopération régionale entre les pays d’Asie centrale, et entre l’Asie centrale et l’UE. 

Dans ce cadre, la Présidence française de l’Union européenne a organisé en septembre 2008 un forum UE-Asie centrale qui a permis, pour la première fois,  de réunir les ministres des Affaires étrangères des pays européens et d’Asie centrale, en outre de la commissaire européenne en charge des relations extérieures et de la politique de voisinage, le Haut représentant pour la PESC, ainsi que les ministres des Affaires étrangères des pays candidats à l’UE (Turquie, Croatie, ARYM) et des organisations internationales et régionales travaillant dans la région.

Le développement de la coopération bilatérale

Au plan bilatéral, la France anime une coopération institutionnelle significative depuis plusieurs années, suivant en cela une progression régulière des échanges commerciaux (énergie, transports). La région est un partenaire stratégique dans les domaine énergétique (pétrole, gaz) et minier (uranium, silice, bauxite, etc.).  

C’est en Ouzbékistan que les actions de coopération sont les plus nombreuses. Ce pays représente un fort enjeu, car c’est une zone de stabilité dans une région marquée par la montée des extrémismes islamiques. L’administration ouzbek est marquée par un grand professionnalisme, l’engagement de ses élites dans les réformes et la capitalisation des échanges techniques, ce qui rend d’autant plus efficace l’assistance technique.

La DGFiP-gestion publique entretient des relations de longue date avec le ministère des Finances de la République d’Ouzbékistan. Depuis 2000, des missions d’experts français et des visites en France de fonctionnaires ouzbeks ont contribué à la mise en place du Trésor ouzbek, qui s’est fortement inspiré des procédures et de la réglementation françaises. La coopération couvre des thématiques essentielles : l’application des standards internationaux en matière de comptabilité publique, la réforme de la procédure des achats publics, ou l ‘informatisation de la gestion budgétaire et comptable.

En 2008, la signature d’un accord quadripartite de coopération avec l’Ouzbékistan (Ministère des Finances, Comité des Impôts, Programme des Nations Unies pour le Développement) a encore dynamisé les échanges avec ce pays. De nombreux domaines sont couverts par cet accord : gestion budgétaire, fiscalité, marché de l’assurance, comptabilité et audit dans le secteur privé, et formation professionnelle. Il se décline en plans de 7 ou 8 actions annuelles.

En ce qui concerne le Kazakhstan, pays à fort potentiel énergétique, la signature au niveau présidentiel d’un accord de partenariat stratégique en juin 2008 avec la France a renforcé la coopération économique entre les deux pays et ouvre la voie à davantage d’échanges en matière d’assistance administrative.

Compte tenu de l’exposition de la région d’Asie centrale au transit de stupéfiants et précurseurs en provenance ou à destination d’Afghanistan, de nombreux programmes internationaux notamment européens de lutte contre les trafics de stupéfiants sont mis en œuvre dans cette zone. C’est pourquoi la DGDDI a mené des actions de coopération avec l’Ouzbékistan dans les domaines suivants : formation d’équipes maître-chien de la douane ouzbèque en partenariat avec Adetef, et contrôle du détournement des précurseurs chimiques de drogue. La coopération s’est également ouverte au Kazakhstan qui fait l’objet de menaces identiques à celles de l’Ouzbékistan.

Les relations avec les 3 autres pays d’Asie centrale (Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan) sont encore ponctuelles : la coopération est tournée essentiellement vers l’accueil de délégations étrangères sur le thème de la gestion de la dette publique ou l’informatisation de la gestion des finances publiques par exemple.

Perspectives : les financements multilatéraux

L’ensemble des pays d’Asie centrale a des besoins considérables d’assistance technique, particulièrement en matière de réforme administrative. Ces pays bénéficient donc d’importants financements internationaux qui représentent des perspectives importantes de coopération multilatérale. Adetef tente de se positionner avec les ministères économique et financier sur ces contrats financés par des bailleurs de fonds internationaux (Union Européenne, Banque Mondiale). Les acteurs ministériels de la coopération renforcent parallèlement leurs activités de prospection dans la région pour soutenir le renforcement des relations avec ces administrations partenaires.

 Article écrit par Virginie Dupont et réalisé avec l’aide de la DGTPE,  juin 2009